Intervention de Mr Chandioux

Intervention de Mr Chandioux du laboratoire ALCINA



Diagnostiquer le sol des truffières : des outils au service des trufficulteurs


 

Le sol est le support de la production de truffes. Et pourtant, c'est souvent une des parties de sa production difficile à maîtriser par les trufficulteurs. Depuis quelques années, la société Alcina a développé, en collaboration avec l'INRA, des analyses permettant de détecter l'ADN de diverses truffes dans le sol et ainsi de répondre aux questions que se posent parfois les trufficulteurs sur la présence du champignon sous une forme ou une autre, dans leur sol (avant plantation, sur les plants, quelques années après plantation). Des analyses permettant d'identifier le type sexuel (mating type) sont en cours de développement et ont été testées sur la truffière Tenoux à Bruis où les brûlés producteurs présentent les deux types.


C'est sur une fosse pédologique creusée sur plus d'1 mètre de profondeur dans cette même truffière que Olivier Chandioux, technicien chez Alcina, a présenté une méthode de diagnostic des sols truffiers.


La recherche en matière de trufficulture (Systruf notamment) a permis d'apporter, au fil des années, de nombreuses connaissances sur les exigences des truffes et notamment de Tuber melanosporum. Ces connaissances ne permettent pas de résoudre totalement le mystère de la truffe mais permettent d'identifier des éléments susceptibles de gêner la production (comme la compacité, l'argile, la mauvaise circulation de l'eau ou certains taux de matière organique) ou au contraire des éléments favorables à celle-ci. Cependant, cette analyse des facteurs de production de truffe est complexe car ces conditions sont nombreuses et peuvent se compenser les unes les autres.
En décrivant chacun
des horizons du sol sur prés d'un mètre de profondeur et en identifiant les éléments caractéristiques de la circulation de l'eau, de l'air ou des minéraux dans le sol, on comprends mieux comment, sur cette truffière, la situation sur une croupe et la forte proportion de cailloux est compensée par des remontées capillaires de l'eau en période sèche. Ainsi, sur cette truffière, au sol très drainant et sec, une partie de la survie estivale des truffes est assurée par des remontées d'eau, dans sol, à partir des couches profondes.

Démonstration a été faite, à cette occasion, que les analyses de sol réalisées en laboratoire n'offrent qu'une part limitée de la compréhension du potentiel de production de truffes sur un sol donné. Elle est souvent complémentaire d'une analyse du fonctionnement du sol en profondeur, surtout quand elle donne des informations précises sur les matières organiques et l'activité biologique du sol, éléments majeurs pour guider le trufficulteur dans la conduite de sa truffière (maintien ou non d'un enherbement, travail du sol ou non, apport ou export de matière organique, … )